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Mettre en place le zéro déchet en restauration : tous nos conseils

Écologique, économique et de plus en plus réglementaire : le zéro déchet s'impose comme un enjeu stratégique pour les restaurants. Découvrez comment réduire durablement le gaspillage et les déchets dans votre établissement.

9 min.
Mis à jour
26/8/2026
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Résumé de l'article :
  • En Belgique, environ 2,5 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, dont près de 30 % en dehors des ménages (production, distribution, restauration), selon l'AFSCA. En Région bruxelloise, les déchets alimentaires représentent à eux seuls 45 à 80 % du contenu des poubelles horeca.
  • Première étape : réaliser un diagnostic précis des déchets (poids, origine, valeur) pour identifier les priorités.
  • Adapter ses commandes aux réservations, à l'historique des ventes et à la fréquentation estimée limite le gaspillage dès l'achat.
  • De nombreux restes comestibles (fanes, épluchures, parures, pain rassis...) peuvent être transformés en bouillons, sauces, pestos ou chapelure.
  • Ajuster les portions selon les retours d'assiettes et valoriser, vendre ou donner les invendus dans le respect des règles sanitaires.
  • Impliquer ses équipes et suivre mensuellement des indicateurs clés sont indispensables pour ancrer la démarche dans la durée.
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En Belgique, environ 2,5 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, dont près de 30 % en dehors des ménages, c'est-à-dire liés à la production, à la distribution et à la restauration hors domicile (source : Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire, AFSCA). À l'échelle de la Région bruxelloise, les déchets alimentaires représentent à eux seuls entre 45 et 80 % du contenu des poubelles de l'horeca, pour un volume estimé à 40 000 tonnes par an toutes activités horeca, restauration collective et grande distribution confondues (source : Bruxelles Environnement).

Vous souhaitez réduire le gaspillage et les déchets dans votre restaurant pour des raisons écologiques, économiques ou réglementaires ? Découvrez tous nos conseils pour adopter une démarche zéro déchet efficace et durable en Belgique.

Pourquoi passer au zéro déchet dans son restaurant ?

Mettre en place le zéro déchet dans son restaurant peut répondre à plusieurs objectifs, et présente des avantages à plusieurs égards. Cela permet notamment de :

Limiter l'impact environnemental de son activité de restauration

Adopter une démarche zéro déchet permet tout d'abord de réduire l'impact environnemental de son établissement de restauration. En limitant le gaspillage alimentaire, les emballages et les produits à usage unique, le restaurateur préserve les ressources naturelles (eau, énergie, matières premières...) et réduit le volume de déchets à collecter et à traiter. À titre d'exemple, une tonne de déchets alimentaires équivaut à environ 4,5 tonnes de CO2 (source : Bruxelles Environnement). Le tri et la valorisation des biodéchets, notamment par le compostage, évitent par ailleurs leur élimination avec les ordures résiduelles et favorisent leur retour dans un cycle utile. La démarche zéro déchet s'inscrit ainsi dans une logique d'économie circulaire, où les ressources sont utilisées plus efficacement et le plus longtemps possible.

Faire des économies dans son restaurant

Réduire ses déchets permet également de mieux maîtriser ses coûts. Une gestion rigoureuse des stocks, des commandes adaptées à la fréquentation et des portions bien calibrées limitent les pertes de denrées et diminuent le coût des matières premières. La valorisation de certains déchets (épluchures, parures, pain rassis...) permet par ailleurs d'exploiter davantage chaque produit acheté. À cela peut s'ajouter une réduction des dépenses liées aux emballages jetables et à la collecte des déchets.

Avec des déchets alimentaires représentant jusqu'à 80 % du contenu des poubelles horeca dans certains établissements bruxellois, la marge de progression est souvent conséquente. Pour un établissement de restauration, la mise en place du zéro déchet peut ainsi permettre de réaliser plusieurs milliers d'euros d'économies par an, en plus de réduire les coûts de collecte et de traitement des déchets résiduels.

Se mettre en conformité réglementaire

En Belgique, la lutte contre le gaspillage alimentaire et les déchets s'organise principalement au niveau régional, avec des obligations qui concernent directement les établissements horeca. Voici les principales obligations en vigueur aujourd'hui pour les restaurateurs :

  • Le tri à la source des biodéchets : depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets (déchets de cuisine et de table) est obligatoire en Wallonie pour l'ensemble des professionnels, y compris l'horeca, quelle que soit la quantité produite, le seuil d'exemption ayant été supprimé. Une obligation similaire s'applique aux professionnels bruxellois. Le restaurant doit donc trier ses biodéchets et recourir à un collecteur agréé ou à une solution de valorisation adaptée (compostage, biométhanisation) ;
  • La mise à disposition d'un contenant pour emporter les restes : contrairement à la France, la Belgique n'impose pas d'obligation légale de fournir un « doggy bag » ou « gourmet bag » aux clients. Il s'agit toutefois d'une pratique de plus en plus répandue et attendue, notamment par une clientèle soucieuse de limiter le gaspillage ;
  • La réduction des plastiques à usage unique : la Belgique a transposé la directive européenne relative aux plastiques à usage unique (dite directive SUP), qui restreint progressivement la mise sur le marché de certains produits en plastique jetable (pailles, couverts, touillettes, contenants en polystyrène expansé, gobelets...). Les restaurateurs doivent donc privilégier des solutions réutilisables ou des alternatives éco-responsables autorisées, un mouvement appelé à se renforcer d'ici 2030 avec le nouveau règlement européen sur les emballages (PPWR).

Répondre aux attentes des consommateurs

Enfin, adopter une démarche zéro déchet dans son restaurant est un excellent moyen de répondre aux attentes des consommateurs belges, de plus en plus attentifs à l'impact environnemental de leur alimentation. Selon une enquête Lightspeed menée auprès de 2 000 consommateurs belges et 200 entrepreneurs horeca, 74 % des clients jugent important de réduire le gaspillage alimentaire, 64 % souhaitent voir des options durables clairement identifiées sur la carte, 63 % attendent des restaurants qu'ils éliminent les plastiques à usage unique, et 48 % se disent prêts à payer plus cher pour des plats préparés de manière durable. Une telle démarche peut ainsi renforcer l'image du restaurant, attirer une clientèle sensible aux enjeux écologiques et favoriser sa fidélisation.

→ À savoir : le gaspillage alimentaire est défini par la directive-cadre européenne relative aux déchets (2008/98/CE), transposée dans les législations régionales belges, comme toute denrée destinée à la consommation humaine qui est perdue, jetée ou dégradée à un stade de la chaîne alimentaire.

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Comment mettre en place le zéro déchet dans son restaurant ?

Voici les principales étapes et bonnes pratiques à suivre pour mettre en place une démarche zéro déchet dans son restaurant :

Réaliser un état des lieux de la gestion des déchets

Avant tout, il convient de réaliser un diagnostic des déchets complet pour identifier ce qui est jeté, en quelle quantité et pour quelles raisons. Sur une période d'une ou deux semaines, triez et pesez les déchets, et notez-en le poids, la fréquence ainsi que la valeur d'achat des produits. Distinguez également leur origine : produits périmés, pertes liées à la préparation, surplus non servis, retours d'assiettes, emballages, consommables... Notez également le nombre de couverts afin de calculer la quantité de déchets par client. Cet état des lieux vous permettra d'identifier les points à rectifier ainsi que les priorités.

Réduire le gaspillage lors des achats

La mise en place du zéro déchet dans son restaurant commence dès l'approvisionnement. Ajustez les commandes auprès de vos fournisseurs en fonction du nombre de réservations, de l'historique des ventes, de la saisonnalité et autres facteurs pouvant influencer la fréquentation de l'établissement.

Le restaurateur peut aussi demander à ses fournisseurs des formats adaptés, des produits en vrac ou des emballages consignés, afin de faciliter la gestion des stocks et des déchets. Pensez également à regrouper les livraisons afin de réduire les emballages et les déplacements.

Enfin, les équipes doivent apprendre à distinguer la date limite de consommation, qui concerne la sécurité du produit, de la date de durabilité minimale, après laquelle certains aliments peuvent encore être consommés s'ils ont été correctement conservés et ne présentent aucune altération.

Optimiser le stockage des aliments

Pour limiter les pertes et les oublis, il est également indispensable d'optimiser la gestion des stocks. Pour ce faire, pensez notamment à :

  • Étiqueter les produits avec leur date de réception, d'ouverture ou de préparation ;
  • Ranger les produits selon la règle du « premier entré, premier sorti ». Les denrées à utiliser rapidement peuvent être regroupées dans une même zone ;
  • Contrôler régulièrement les températures et le respect de la chaîne du froid ;
  • Utiliser des contenants hermétiques adaptés pour prolonger la durée de conservation des aliments ;
  • Réaliser un inventaire fréquent pour repérer les produits proches de leur date limite ;
  • Rédiger des fiches techniques précisant les grammages et les rendements pour faciliter la préparation des quantités nécessaires sans surproduction.

Valoriser les produits dans leur intégralité

Pensez aussi à valoriser les matières premières dans leur ensemble. Par exemple : le pain rassis peut être utilisé pour faire des croûtons ou de la chapelure ; les fanes pour faire un pesto ; les épluchures de légumes peuvent servir dans un bouillon, etc.

Les surplus peuvent également inspirer une soupe, une quiche, un plat du jour ou une garniture, à condition de respecter les règles d'hygiène, de conservation et de traçabilité. Enfin, la congélation, le séchage, la fermentation et la préparation de pickles sont d'autres façons créatives de valoriser les aliments, à condition d'être compatibles avec les produits et les procédures sanitaires de l'établissement.

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Adapter les portions

Si vous constatez qu'il y a beaucoup de retours d'assiettes ou de restes de la part de vos clients, il pourra alors être intéressant de repenser le grammage, la recette ou encore la composition du plat en question. Bruxelles Environnement recommande par exemple de ne pas dépasser 75 à 100 grammes de viande par portion adulte pour limiter les pertes. Vous pouvez aussi proposer plusieurs tailles de portions, ainsi que des accompagnements au choix. Le personnel de salle peut également demander au client s'il souhaite du pain, une garniture ou une sauce plutôt que de les servir automatiquement.

Cela permet non seulement de réduire les pertes, mais aussi d'améliorer l'expérience client. Lorsque des aliments restent malgré tout dans l'assiette, proposez à vos clients un contenant pour les emporter afin d'éviter de les jeter.

Opter pour du matériel réutilisable

Pour favoriser le zéro déchet dans votre restaurant, optez pour du matériel réutilisable, tel que : des serviettes en tissu, des carafes, des pailles lavables, des contenants durables, des distributeurs rechargeables... Pour la vente à emporter, la mise en place d'une consigne est un excellent moyen d'encourager le retour et le réemploi des contenants.

Avant tout achat, il convient toutefois d'évaluer la solidité du matériel, le nombre de réutilisations possible ainsi que les besoins en lavage et en stockage.

Donner, vendre ou valoriser les invendus

Lorsqu'ils ne peuvent être évités, les denrées et restes encore consommables peuvent être intégrés à une autre préparation dans le respect des règles sanitaires, proposés à prix réduit, vendus par l'intermédiaire d'une plateforme spécialisée (comme Too Good To Go, très implantée en Belgique) ou donnés à une banque alimentaire ou une association locale. Cela nécessite toutefois une rigoureuse organisation pour assurer la bonne sélection des produits, leur conditionnement, leur traçabilité et le maintien de la chaîne du froid.

Enfin, les déchets qui ne peuvent plus être destinés à l'alimentation humaine doivent être triés et orientés vers une filière de valorisation adaptée, comme le compostage ou la biométhanisation.

Impliquer son personnel et ses clients

Une démarche zéro déchet ne peut fonctionner sans l'adhésion de l'ensemble de l'équipe, que ce soit en salle ou en cuisine. Expliquez les objectifs visés à tous les collaborateurs et sensibilisez-les aux enjeux liés au zéro déchet.

Les clients peuvent également être associés à la démarche (choix de la portion, contenant pour emporter les restes ou système de consigne...). Adoptez une communication positive et pédagogique pour présenter ces changements comme une amélioration plutôt que comme une contrainte.

Mesurer les progrès et adapter sa stratégie zéro déchet

Pour intégrer la démarche zéro déchet sur la durée, il est également impératif d'en mesurer régulièrement les progrès, à l'aide d'indicateurs précis, comme :

  • Le poids des déchets par couvert ;
  • La valeur des denrées jetées ;
  • Le volume des retours d'assiettes ;
  • La quantité d'invendus ;
  • La part des contenants réutilisables.

Effectuez par exemple un bilan mensuel pour comparer les résultats au mois précédent, identifiez les actions les plus efficaces, et apportez des actions correctives adaptées.

Comment Zenchef vous aide à réduire le gaspillage

En centralisant les données de réservation et de fréquentation, Zenchef vous aide à mieux anticiper vos commandes et à ajuster votre production au plus près de la demande réelle, un levier clé qui s'inscrit dans une stratégie plus large d'optimisation du restaurant au quotidien.

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FAQ

Combien de tonnes de déchets alimentaires sont générées en Belgique ?

Selon l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA), environ 2,5 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année en Belgique, dont près de 30 % en dehors des ménages, c'est-à-dire liées à la production, à la distribution et à la restauration hors domicile. À l'échelle de la Région bruxelloise, Bruxelles Environnement estime que le secteur horeca, la restauration collective et la grande distribution génèrent ensemble environ 40 000 tonnes de déchets alimentaires par an, les déchets alimentaires représentant à eux seuls 45 à 80 % du contenu des poubelles horeca.

Quels sont les déchets les plus fréquents dans un restaurant ?

Les déchets les plus courants en restaurant sont les biodéchets : restes de repas, épluchures, os, coquilles, marc de café, produits périmés ou encore invendus. Une partie relève du gaspillage alimentaire, notamment en raison de la surproduction en cuisine, des portions inadaptées, des retours d'assiettes ou d'une mauvaise gestion des stocks.

Les restaurants produisent également des déchets d'emballage (cartons, bouteilles en verre, conserves, films plastiques, contenants alimentaires...), ainsi que des huiles de cuisson usagées et divers consommables jetables. En Belgique, le tri des biodéchets est obligatoire pour l'ensemble des professionnels de l'horeca depuis le 1er janvier 2024 en Wallonie, avec une obligation similaire à Bruxelles.

Comment valoriser les restes et les invendus alimentaires en restauration ?

De nombreuses solutions existent pour valoriser les restes et les invendus alimentaires en restauration. Les aliments encore consommables peuvent par exemple être intégrés à de nouvelles recettes, proposés à prix réduit, distribués dans un contenant à emporter, vendus via une plateforme spécialisée comme Too Good To Go (très implantée en Belgique) ou donnés à une banque alimentaire. Il est toutefois impératif de respecter les règles d'hygiène, de conservation et de traçabilité. Les épluchures, parures et autres parties comestibles peuvent également servir à préparer des bouillons, sauces ou garnitures. Enfin, les biodéchets impropres à la consommation doivent être triés et orientés vers une filière de compostage ou de biométhanisation, conformément aux obligations régionales belges.

Article rédigé par :
Kim

Kim est une véritable passionnée de gastronomie. En tant que responsable d’événements, elle sait créer des expériences mémorables qui laissent une impression durable. Curieuse et créative, elle adore explorer les tendances culinaires et partager des conseils pratiques pour aider les restaurants à se démarquer. Son écriture reflète sa passion pour la nourriture et son sens aigu du détail.

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